L'émission de France Culture "Les enjeux internationaux" (tous les jours de 7h19 à 7h27) était consacrée lundi 21 décembre à la Bosnie-Herzégovine (bilan depuis Dayton, perspectives d'adhésion à l'Union européenne).
Veuillez trouver ci-joint le lien de l'émission intitulée "Bosnie, depuis Sarajevo":
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/enjeux_inter/fiche.php?diffusion_id=79553
Tuesday, 22 December 2009
Emission "Les enjeux internationaux" consacrée à la Bosnie-Herzégovine (France Culture, lundi 21 décembre 2009)
La constitution bosniaque jugée discriminatoire à Strasbourg
Par Reuters, publié le 22/12/2009 à 12:18
STRASBOURG - La constitution de la Bosnie-Herzégovine est discriminatoire vis-à-vis des citoyens qui ne sont ni croates, ni musulmans, ni serbes, a tranché mardi la Cour européenne des droits de l'homme.
La Cour européenne des droits de l'homme a jugé la constitution de la Bosnie-Herzégovine est discriminatoire vis-à-vis des citoyens qui ne sont ni croates, ni musulmans, ni serbes. (Reuters)
La Cour européenne des droits de l'homme a jugé la constitution de la Bosnie-Herzégovine est discriminatoire vis-à-vis des citoyens qui ne sont ni croates, ni musulmans, ni serbes. (Reuters)
L'arrêt, qui impose en théorie à la Bosnie de réformer sa loi fondamentale, est définitif.
La juridiction du Conseil de l'Europe avait été saisie par Dervo Sejdic, président d'une association Rom, et Jakob Finci, ancien président de la communauté juive de Sarajevo.
Tous deux contestaient l'impossibilité qui leur était faite, en raison de leur origine ethnique, de se porter candidats à la présidence de la République ou à la Chambre des peuples, la chambre haute du parlement.
Cette spécificité de la loi électorale bosniaque résulte des accords de Dayton qui ont mis fin en 1995 à quatre ans de guerre dans l'ancienne république yougoslave et doté celle-ci de deux entités, la République serbe et la fédération de Bosnie-Herzégovine réunissant Croates et musulmans.
Les autres communautés, soit quelque 7% d'une population de 3,9 millions d'habitants, jouissent des mêmes droits sauf en certains points de la loi électorale touchant à l'équilibre des pouvoirs entre les trois "peuples constituants".
La Cour de Strasbourg "reconnaît que ce système, adopté à un moment où un cessez-le-feu fragile venait d'être accepté par toutes les parties au conflit interethnique qui avait profondément marqué le pays, poursuivait le but légitime du rétablissement de la paix".
Elle note toutefois que la situation s'est, depuis, "nettement améliorée".
Elle rappelle également que la révision de la loi électorale fait partie des engagements souscrits par la Bosnie-Herzégovine lors de son adhésion au Conseil de l'Europe, en 2002, et lors de la signature d'un accord de stabilisation et d'association avec l'Union européenne en 2008, premier pas vers son adhésion.
Concession aux arguments du gouvernement bosniaque, les juges reconnaissent que "le temps n'est peut-être pas encore venu pour un système politique qui abandonne l'exercice commun du pouvoir et qui soit le simple reflet de la règle de la majorité".
Le partage du pouvoir entre les trois entités peut toutefois être assuré via des mécanismes "qui n'impliquent pas nécessairement l'exclusion des communautés 'n'appartenant pas aux peuples constituants"», ajoute-t-ils.
STRASBOURG - La constitution de la Bosnie-Herzégovine est discriminatoire vis-à-vis des citoyens qui ne sont ni croates, ni musulmans, ni serbes, a tranché mardi la Cour européenne des droits de l'homme.
La Cour européenne des droits de l'homme a jugé la constitution de la Bosnie-Herzégovine est discriminatoire vis-à-vis des citoyens qui ne sont ni croates, ni musulmans, ni serbes. (Reuters)
La Cour européenne des droits de l'homme a jugé la constitution de la Bosnie-Herzégovine est discriminatoire vis-à-vis des citoyens qui ne sont ni croates, ni musulmans, ni serbes. (Reuters)
L'arrêt, qui impose en théorie à la Bosnie de réformer sa loi fondamentale, est définitif.
La juridiction du Conseil de l'Europe avait été saisie par Dervo Sejdic, président d'une association Rom, et Jakob Finci, ancien président de la communauté juive de Sarajevo.
Tous deux contestaient l'impossibilité qui leur était faite, en raison de leur origine ethnique, de se porter candidats à la présidence de la République ou à la Chambre des peuples, la chambre haute du parlement.
Cette spécificité de la loi électorale bosniaque résulte des accords de Dayton qui ont mis fin en 1995 à quatre ans de guerre dans l'ancienne république yougoslave et doté celle-ci de deux entités, la République serbe et la fédération de Bosnie-Herzégovine réunissant Croates et musulmans.
Les autres communautés, soit quelque 7% d'une population de 3,9 millions d'habitants, jouissent des mêmes droits sauf en certains points de la loi électorale touchant à l'équilibre des pouvoirs entre les trois "peuples constituants".
La Cour de Strasbourg "reconnaît que ce système, adopté à un moment où un cessez-le-feu fragile venait d'être accepté par toutes les parties au conflit interethnique qui avait profondément marqué le pays, poursuivait le but légitime du rétablissement de la paix".
Elle note toutefois que la situation s'est, depuis, "nettement améliorée".
Elle rappelle également que la révision de la loi électorale fait partie des engagements souscrits par la Bosnie-Herzégovine lors de son adhésion au Conseil de l'Europe, en 2002, et lors de la signature d'un accord de stabilisation et d'association avec l'Union européenne en 2008, premier pas vers son adhésion.
Concession aux arguments du gouvernement bosniaque, les juges reconnaissent que "le temps n'est peut-être pas encore venu pour un système politique qui abandonne l'exercice commun du pouvoir et qui soit le simple reflet de la règle de la majorité".
Le partage du pouvoir entre les trois entités peut toutefois être assuré via des mécanismes "qui n'impliquent pas nécessairement l'exclusion des communautés 'n'appartenant pas aux peuples constituants"», ajoute-t-ils.
Monday, 14 December 2009
Ahmet Davutoğlu est en Bosnie-Herzégovine
Réunion interministérielle de l'alliance des civilisations
La Turquie continue à faire d'importants pas dans l'objectif de développer des politiques de paix régionales et d'établir des relations sans problème avec ses voisins.
Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu servira de médiateur lors d'une importante rencontre en Bosnie-Herzégovine où il s'est rendu afin de participer à la réunion interministérielle de l'alliance des civilisations.
M. Davutoğlu réunira pour la troisième fois les ministres bosniaque et serbe des Affaires étrangères.
La Turquie accorde une grande importance à cette rencontre tripartite après l'expérience dramatique vécue dans les années 90.
Dans ce cadre, M. Davutoğlu s'est d'abord entretenu avec les autorités bosniaques à la veille de la rencontre tripartite.
La Turquie a transmis son message destiné à la Bosnie-Herzégovine " Trouvez un terrain d'entente entre vous pour assurer la paix durable ".
M. Davutoğlu a également réalisé un important entretien avec le président du Comité international des portés disparus.
Durant la réunion de l'alliance des civilisations lors de laquelle la Turquie est représentée par M. Davutoğlu, le document de stratégie régionale et la déclaration de Sarajevo seront acceptées.
Les représentants de 14 pays et ceux de certaines organisations internationales assisteront à la réunion en question.
La Turquie continue à faire d'importants pas dans l'objectif de développer des politiques de paix régionales et d'établir des relations sans problème avec ses voisins.
Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu servira de médiateur lors d'une importante rencontre en Bosnie-Herzégovine où il s'est rendu afin de participer à la réunion interministérielle de l'alliance des civilisations.
M. Davutoğlu réunira pour la troisième fois les ministres bosniaque et serbe des Affaires étrangères.
La Turquie accorde une grande importance à cette rencontre tripartite après l'expérience dramatique vécue dans les années 90.
Dans ce cadre, M. Davutoğlu s'est d'abord entretenu avec les autorités bosniaques à la veille de la rencontre tripartite.
La Turquie a transmis son message destiné à la Bosnie-Herzégovine " Trouvez un terrain d'entente entre vous pour assurer la paix durable ".
M. Davutoğlu a également réalisé un important entretien avec le président du Comité international des portés disparus.
Durant la réunion de l'alliance des civilisations lors de laquelle la Turquie est représentée par M. Davutoğlu, le document de stratégie régionale et la déclaration de Sarajevo seront acceptées.
Les représentants de 14 pays et ceux de certaines organisations internationales assisteront à la réunion en question.
Retour de Chroniques des Balkans
Chers bloggers,
Après un an d'absence du fait d'obligations professionnelles, "Chroniques des Balkans" est de retour.
Merci.
Grégoire Cayé
Après un an d'absence du fait d'obligations professionnelles, "Chroniques des Balkans" est de retour.
Merci.
Grégoire Cayé
Belgrade-Sarajevo: les Balkans sur de nouveaux rails
Un train direct, au départ de Belgrade dimanche matin, à rallié les capitales serbes et bosniaques, pour la première fois depuis l’éclatement de la Yougoslavie en 1991.
Le convoi n’était pas bien impressionnant, mais après dix-huit ans d’absence, quatre longues années de guerre et quelques 100.000 morts en Bosnie, le symbole est fort. Depuis 1991, cette liaison ferroviaire longue de 500 km, baptisée avec fracas « Olympic Express » en l’honneur des Jeux olympiques d’hiver de 1984 à Sarajevo, la plus fréquentée et la plus moderne de toute la Yougoslavie, avait été suspendue en raison de l’éclatement de la guerre entre les Républiques yougoslaves de Serbie et de Croatie. Une guerre qui allait se propager dès 1992 au territoire de la Bosnie-Herzégovine.
Une inauguration très modeste
Hier, seuls dix-neuf passagers, dont neuf d’entre eux allaient descendre au terminus de Sarajevo, sont montés à bord des trois wagons en piteux état qui composent ce train. Chaque wagon a une couleur attitrée. Et pour cause, l’un vient de Serbie et les deux autres des deux entités constitutives de la Bosnie-Herzégovine actuelle : la République serbe de Bosnie (Republika Srpska) et la fédération croato-musulmane. Comme rien n’est simple dans cette partie de l’Europe, le wagon bosno-serbe n’ira pas jusqu’à Sarajevo mais s’arrêtera en Républika Srpska… Encore un symbole, mais négatif cette-fois : la Bosnie actuelle résultant des accords de Dayton n’a toujours pas réussi à surmonter ses clivages ethniques et à former un Etat unifié.
Le trajet entre les deux capitales durera neuf heures et franchira deux frontières internationales, entre la Serbie et la Croatie, puis entre la Croatie et la Bosnie. Ces modestes performances seront compensées par un prix très attractif de 31 euros pour l’aller-retour.
Le convoi n’était pas bien impressionnant, mais après dix-huit ans d’absence, quatre longues années de guerre et quelques 100.000 morts en Bosnie, le symbole est fort. Depuis 1991, cette liaison ferroviaire longue de 500 km, baptisée avec fracas « Olympic Express » en l’honneur des Jeux olympiques d’hiver de 1984 à Sarajevo, la plus fréquentée et la plus moderne de toute la Yougoslavie, avait été suspendue en raison de l’éclatement de la guerre entre les Républiques yougoslaves de Serbie et de Croatie. Une guerre qui allait se propager dès 1992 au territoire de la Bosnie-Herzégovine.
Une inauguration très modeste
Hier, seuls dix-neuf passagers, dont neuf d’entre eux allaient descendre au terminus de Sarajevo, sont montés à bord des trois wagons en piteux état qui composent ce train. Chaque wagon a une couleur attitrée. Et pour cause, l’un vient de Serbie et les deux autres des deux entités constitutives de la Bosnie-Herzégovine actuelle : la République serbe de Bosnie (Republika Srpska) et la fédération croato-musulmane. Comme rien n’est simple dans cette partie de l’Europe, le wagon bosno-serbe n’ira pas jusqu’à Sarajevo mais s’arrêtera en Républika Srpska… Encore un symbole, mais négatif cette-fois : la Bosnie actuelle résultant des accords de Dayton n’a toujours pas réussi à surmonter ses clivages ethniques et à former un Etat unifié.
Le trajet entre les deux capitales durera neuf heures et franchira deux frontières internationales, entre la Serbie et la Croatie, puis entre la Croatie et la Bosnie. Ces modestes performances seront compensées par un prix très attractif de 31 euros pour l’aller-retour.
Friday, 6 February 2009
Redécoupage de la Bosnie-Herzégovine : quelles seraient les quatre futures régions ?
Newropeans Magazine - 29 janvier 2009 (mise à jour: 6 février 2009)
Les réactions fusent depuis que, lundi 26 janvier, les dirigeants des principaux partis - Sulejman Tihić (SDA), Milorad Dodik (SNSD) et Dragan Čović (HDZ) - ont convenu à Banja Luka d’un partage du pays en quatre « régions » autonomes. Les détails de l’accord ne sont toujours pas connus, mais Oslobodjenje évoque ce que pourraient être ces régions, au tracé surprenant : ainsi, la région de Bihać, très majoritairement bosniaque, serait réunie à Banja Luka, la capitale de la Republika Srpska...
À peine leur conférence de presse achevée, les trois dirigeants ont chacun donné des interprétations très différentes de l’accord. Le trio va se retrouver à Mostar le 23 février pour la suite des discussions. Oslobođenje a eu accès à un document qui pourrait constituer une base de départ pour Sulejman Tihić, pour négocier la partition du pays en quatre régions.
L’opposition, mais également les cinq autres partis membres du gouvernement, ont fortement critiqué l’accord signé à Banja Luka, chacun à leur manière : le Parti démocratique serbe (SDS) accuse Milorad Dodik d’avoir donné son accord pour la partition du pays en quatre régions et d’avoir ainsi mis en péril les Accords de Dayton, qui garantissent l’existence de la Republika Srpska.
Les partis croates, signataires de la déclaration de Kreševo, critiquent de leur côté Dragan Čović pour n’avoir pas remis en question la souveraineté de la Republika Srpska, laissant ainsi aux Croates les « miettes du gâteau fédéral ».
Des critiques similaires, ou plus radicales encore, sont formulées à l’encontre de Sulejman Tihić, certains allant même jusqu’à l’accuser de « haute trahison ».
Que sait donc Sulejman Tihić ?
Dans une émission télévisée, le 26 janvier au soir, lors son affrontement avec le dirigeant du Parti pour la Bosnie-Herzégovine (SBiH), Haris Silajdžić - parti avec lequel le SDA est en coalition - Sulejman Tihić s’est comporté comme s’il connaissait des aspects de l’accord qu’il ne souhaitait pas dévoiler. « Ne réagis pas comme ça, tu ne sais pas ce que nous avons convenu », a-t-il répondu aux accusations de Haris Siljadžić.
L’émission s’était terminée sur un semblant de soutien de Haris Silajdžić au projet, mais à la condition que la nouvelle organisation territoriale porte sur l’ensemble du pays et que les régions ainsi créées ne prennent pas en compte les frontières des deux entités.
Les détails de la rencontre de Banja Luka ne sont toujours pas connus. Cependant, nous avons eu accès à des documents secrets datant de 2002, quand Alija Izetbegović était encore à la tête du SDA. Ce document s’intitule : « Bosnie-Herzégovine : un État composé de régions multiethniques – document de travail ». Selon nos sources, ce document devrait constituer la base de travail de Sulejman Tihić lors de la prochaine rencontre des trois dirigeants, prévue à Mostar le 23 février.
Ce document commence par un bref rapport sur l’organisation du pays, suivi d’une proposition de trois variantes qui, selon des experts du SDA, pourraient être des solutions pour la Bosnie-Herzégovine : le pays se composerait de quatre, sept ou dix régions. Nous n’allons pas citer les deux autres variantes évoquées dans ce document, puisque la première d’entre elles correspond aux déclarations de Sulejman Tihić à l’issue de la rencontre de Banja Luka : Mostar, Sarajevo, Banja Luka et Tuzla deviendraient les centres des quatre futures régions.
Les auteurs du document soulignaient que dans chacune de ces quatre régions, aucun groupe ethnique n’a de majorité absolue. Malheureusement, ce document prend en compte des données démographiques datant de 1990.
Selon ce document, la région de Banja Luka s’étendrait depuis Bihac, à l’ouest, plus précisément depuis Velika Kladuša, jusqu’à Srbac au nord. La frontière sud irait de la municipalité de Bosansko Grahovo jusqu’à Glamoč, en passant par Gornji Vakuf et Kupres, tandis que Jajce marquerait la frontière sud-est.
De Derventa à Bijeljina s’étendrait la frontière nord de la région de Tuzla, la frontière sud correspondant à une ligne ouest-est qui traverserait les villes de Teslić, Banovići, Lukavac, Maglaj, Kladanj, Vlasenica et Srebrenica. La ville de Doboj serait également incluse dans cette région.
La région de Sarajevo irait de Travnik au nord-ouest en passant par Novi Travnik, Vitez, Žepče, Kreševo, Fojnica jusqu’à Sarajevo, et inclurait également au sud-est les villes de Foča, Rudo, Višegrad et Čajniče.
La frontière de la région de Mostar passerait par Livno, Tomislavgrad, Prozor et Konjic à l’extrême est, soit la frontière historique entre l’Herzégovine et la Bosnie (au niveau de la commune de Ivan Sedlo, où passe la ligne de partage des eaux entre l’Adriatique et la Mer Noire). Cette région comprendrait aussi toutes les municipalités de l’est de l’Herzégovine – Gacko, Bileća, Nevesinje et Trebinje.
GIF - 25.8 ko
La composition ethnique de Bosnie-Herzégovine avant la guerre
Ce document pourrait être une base de départ, ou du moins représenter les exigences maximales avec lesquelles Sulejman Tihić compte se rendre à la réunion de Mostar.
On peut facilement remarquer tous les avantages et tous les inconvénients de cette proposition. Elle s’appuie ainsi sur des critères historiques, économiques, géographiques concrets et sur des identités régionales.
Mais la réalité sur le terrain et les équilibres démographiques actuels ne correspondent plus du tout à ceux de l’époque où le document a été conçu. Par exemple, la région de Banja Luka ne compte plus que 13.000 Croates, contre 120.000 avant la guerre.
Milorad Dodik, même s’il « obtient » Bihać et d’autres municipalités de la région de Krajina, y compris Grahovo et Drvar - des villes en majorité serbes – n’admettra pas sûrement pas ce nouveau partage territorial, surtout s’il doit céder en contrepartie des municipalités moins développées de Bosnie orientale. Qu’en sera-t-il de villes comme Doboj, Derventa ou Trebinje ?
Que souhaite Dragan Čović ?
Dragan Čović pourrait céder une partie de l’Herzégovine, comptant cependant sur quelques municipalités de Bosnie centrale telles que Bugojno ou Kiseljak. Pour cela, il essaiera de s’entendre avec Milorad Dodik et cherchera à introduire le principe de la discontinuité territoriale, incluant ainsi les « poches croates » d’Orašje à Kiseljak dans une même unité territoriale.
Bien entendu, on peut s’attendre à une résistance de la part des Bosniaques, notamment dans la région de Bihać, qui se retrouverait sous la tutelle de Banja Luka.
Les conflits politiques entre les différents camps pourraient entraîner un soulèvement des populations. Toutefois, il est trop tôt, et probablement inutile d’en parler, car il y a peu de chances que Dragan Čović, et surtout Milorad Dodik, acceptent un tel découpage de la Bosnie-Herzégovine. En outre, même s’ils se mettaient secrètement d’accord, les trois dirigeants survivraient difficilement aux attaques venant de leurs oppositions respectives.
D’un autre côté, en supposant que Sulejman Tihić accepte la division ethnique de la Fédération, il n’aurait pas le soutien des membres de son propre parti et encore moins celui du Parti pour la Bosnie-Herzégovine, (SBiH) de Haris Silajdžić, du Parti social-démocrate (SDP) de Zlatko Lagumdžija, et du Parti patriotique de Bosnie-Herzégovine (BPS) de Sefer Halilović, partis auxquels le SDA est associé dans plusieurs coalitions.
Une principale question demeure : qui va céder quoi dans cette joute entre les trois dirigeants ? La Bosnie-Herzégovine risque encore de rester bloquée dans une position de statu quo, en attendant que le trio se mette d’accord.
Traduit par Eléonore Loué-Feichter - Courrier des Balkans
Source: Newropeans Magazine avec Oslobođenje (http://www.oslobodjenje.ba/) et Courrier des Balkans
URL: http://www.newropeans-magazine.org/content/view/8905/259/
Les réactions fusent depuis que, lundi 26 janvier, les dirigeants des principaux partis - Sulejman Tihić (SDA), Milorad Dodik (SNSD) et Dragan Čović (HDZ) - ont convenu à Banja Luka d’un partage du pays en quatre « régions » autonomes. Les détails de l’accord ne sont toujours pas connus, mais Oslobodjenje évoque ce que pourraient être ces régions, au tracé surprenant : ainsi, la région de Bihać, très majoritairement bosniaque, serait réunie à Banja Luka, la capitale de la Republika Srpska...
À peine leur conférence de presse achevée, les trois dirigeants ont chacun donné des interprétations très différentes de l’accord. Le trio va se retrouver à Mostar le 23 février pour la suite des discussions. Oslobođenje a eu accès à un document qui pourrait constituer une base de départ pour Sulejman Tihić, pour négocier la partition du pays en quatre régions.
L’opposition, mais également les cinq autres partis membres du gouvernement, ont fortement critiqué l’accord signé à Banja Luka, chacun à leur manière : le Parti démocratique serbe (SDS) accuse Milorad Dodik d’avoir donné son accord pour la partition du pays en quatre régions et d’avoir ainsi mis en péril les Accords de Dayton, qui garantissent l’existence de la Republika Srpska.
Les partis croates, signataires de la déclaration de Kreševo, critiquent de leur côté Dragan Čović pour n’avoir pas remis en question la souveraineté de la Republika Srpska, laissant ainsi aux Croates les « miettes du gâteau fédéral ».
Des critiques similaires, ou plus radicales encore, sont formulées à l’encontre de Sulejman Tihić, certains allant même jusqu’à l’accuser de « haute trahison ».
Que sait donc Sulejman Tihić ?
Dans une émission télévisée, le 26 janvier au soir, lors son affrontement avec le dirigeant du Parti pour la Bosnie-Herzégovine (SBiH), Haris Silajdžić - parti avec lequel le SDA est en coalition - Sulejman Tihić s’est comporté comme s’il connaissait des aspects de l’accord qu’il ne souhaitait pas dévoiler. « Ne réagis pas comme ça, tu ne sais pas ce que nous avons convenu », a-t-il répondu aux accusations de Haris Siljadžić.
L’émission s’était terminée sur un semblant de soutien de Haris Silajdžić au projet, mais à la condition que la nouvelle organisation territoriale porte sur l’ensemble du pays et que les régions ainsi créées ne prennent pas en compte les frontières des deux entités.
Les détails de la rencontre de Banja Luka ne sont toujours pas connus. Cependant, nous avons eu accès à des documents secrets datant de 2002, quand Alija Izetbegović était encore à la tête du SDA. Ce document s’intitule : « Bosnie-Herzégovine : un État composé de régions multiethniques – document de travail ». Selon nos sources, ce document devrait constituer la base de travail de Sulejman Tihić lors de la prochaine rencontre des trois dirigeants, prévue à Mostar le 23 février.
Ce document commence par un bref rapport sur l’organisation du pays, suivi d’une proposition de trois variantes qui, selon des experts du SDA, pourraient être des solutions pour la Bosnie-Herzégovine : le pays se composerait de quatre, sept ou dix régions. Nous n’allons pas citer les deux autres variantes évoquées dans ce document, puisque la première d’entre elles correspond aux déclarations de Sulejman Tihić à l’issue de la rencontre de Banja Luka : Mostar, Sarajevo, Banja Luka et Tuzla deviendraient les centres des quatre futures régions.
Les auteurs du document soulignaient que dans chacune de ces quatre régions, aucun groupe ethnique n’a de majorité absolue. Malheureusement, ce document prend en compte des données démographiques datant de 1990.
Selon ce document, la région de Banja Luka s’étendrait depuis Bihac, à l’ouest, plus précisément depuis Velika Kladuša, jusqu’à Srbac au nord. La frontière sud irait de la municipalité de Bosansko Grahovo jusqu’à Glamoč, en passant par Gornji Vakuf et Kupres, tandis que Jajce marquerait la frontière sud-est.
De Derventa à Bijeljina s’étendrait la frontière nord de la région de Tuzla, la frontière sud correspondant à une ligne ouest-est qui traverserait les villes de Teslić, Banovići, Lukavac, Maglaj, Kladanj, Vlasenica et Srebrenica. La ville de Doboj serait également incluse dans cette région.
La région de Sarajevo irait de Travnik au nord-ouest en passant par Novi Travnik, Vitez, Žepče, Kreševo, Fojnica jusqu’à Sarajevo, et inclurait également au sud-est les villes de Foča, Rudo, Višegrad et Čajniče.
La frontière de la région de Mostar passerait par Livno, Tomislavgrad, Prozor et Konjic à l’extrême est, soit la frontière historique entre l’Herzégovine et la Bosnie (au niveau de la commune de Ivan Sedlo, où passe la ligne de partage des eaux entre l’Adriatique et la Mer Noire). Cette région comprendrait aussi toutes les municipalités de l’est de l’Herzégovine – Gacko, Bileća, Nevesinje et Trebinje.
GIF - 25.8 ko
La composition ethnique de Bosnie-Herzégovine avant la guerre
Ce document pourrait être une base de départ, ou du moins représenter les exigences maximales avec lesquelles Sulejman Tihić compte se rendre à la réunion de Mostar.
On peut facilement remarquer tous les avantages et tous les inconvénients de cette proposition. Elle s’appuie ainsi sur des critères historiques, économiques, géographiques concrets et sur des identités régionales.
Mais la réalité sur le terrain et les équilibres démographiques actuels ne correspondent plus du tout à ceux de l’époque où le document a été conçu. Par exemple, la région de Banja Luka ne compte plus que 13.000 Croates, contre 120.000 avant la guerre.
Milorad Dodik, même s’il « obtient » Bihać et d’autres municipalités de la région de Krajina, y compris Grahovo et Drvar - des villes en majorité serbes – n’admettra pas sûrement pas ce nouveau partage territorial, surtout s’il doit céder en contrepartie des municipalités moins développées de Bosnie orientale. Qu’en sera-t-il de villes comme Doboj, Derventa ou Trebinje ?
Que souhaite Dragan Čović ?
Dragan Čović pourrait céder une partie de l’Herzégovine, comptant cependant sur quelques municipalités de Bosnie centrale telles que Bugojno ou Kiseljak. Pour cela, il essaiera de s’entendre avec Milorad Dodik et cherchera à introduire le principe de la discontinuité territoriale, incluant ainsi les « poches croates » d’Orašje à Kiseljak dans une même unité territoriale.
Bien entendu, on peut s’attendre à une résistance de la part des Bosniaques, notamment dans la région de Bihać, qui se retrouverait sous la tutelle de Banja Luka.
Les conflits politiques entre les différents camps pourraient entraîner un soulèvement des populations. Toutefois, il est trop tôt, et probablement inutile d’en parler, car il y a peu de chances que Dragan Čović, et surtout Milorad Dodik, acceptent un tel découpage de la Bosnie-Herzégovine. En outre, même s’ils se mettaient secrètement d’accord, les trois dirigeants survivraient difficilement aux attaques venant de leurs oppositions respectives.
D’un autre côté, en supposant que Sulejman Tihić accepte la division ethnique de la Fédération, il n’aurait pas le soutien des membres de son propre parti et encore moins celui du Parti pour la Bosnie-Herzégovine, (SBiH) de Haris Silajdžić, du Parti social-démocrate (SDP) de Zlatko Lagumdžija, et du Parti patriotique de Bosnie-Herzégovine (BPS) de Sefer Halilović, partis auxquels le SDA est associé dans plusieurs coalitions.
Une principale question demeure : qui va céder quoi dans cette joute entre les trois dirigeants ? La Bosnie-Herzégovine risque encore de rester bloquée dans une position de statu quo, en attendant que le trio se mette d’accord.
Traduit par Eléonore Loué-Feichter - Courrier des Balkans
Source: Newropeans Magazine avec Oslobođenje (http://www.oslobodjenje.ba/) et Courrier des Balkans
URL: http://www.newropeans-magazine.org/content/view/8905/259/
Serbie rejette la résolution du Parlement européen sur le Kosovo
LeVif.be - 5 février 2009
La Serbie a rejeté la résolution non-contraignante du Parlement européen (PE) qui invite les pays de l'UE qui ne l'ont pas encore fait à reconnaître l'indépendance du Kosovo.
"Le texte de la résolution sur le Kosovo (du PE) est inacceptable pour la Serbie car il est contraire à notre Constitution, ainsi qu'au droit international", a déclaré le ministre serbe des Affaires étrangères Vuk Jeremic. Les eurodéputés ont adopté cet amendement jeudi par 281 voix contre 229. Les leaders kosovars albanais ont proclamé le 17 février 2008 leur indépendance, qui a été reconnue par 54 pays, dont les Etats-Unis et 22 des 27 pays membres de l'UE. Le Chypre, l'Espagne, la Grèce, la Slovaquie et la Roumanie ont refusé toutefois de reconnaître le Kosovo indépendant soit par solidarité avec la Serbie, soit en raison du refus de créer un précédent alors qu'il y a des risques de sécession chez eux. (NLE)
Source: LeVif.be (L'Express)
URL: http://www.levif.be/belga/politique/78-4-85769/serbie-rejette-la-resolution-du-parlement-europeen-sur-kosovo.html
La Serbie a rejeté la résolution non-contraignante du Parlement européen (PE) qui invite les pays de l'UE qui ne l'ont pas encore fait à reconnaître l'indépendance du Kosovo.
"Le texte de la résolution sur le Kosovo (du PE) est inacceptable pour la Serbie car il est contraire à notre Constitution, ainsi qu'au droit international", a déclaré le ministre serbe des Affaires étrangères Vuk Jeremic. Les eurodéputés ont adopté cet amendement jeudi par 281 voix contre 229. Les leaders kosovars albanais ont proclamé le 17 février 2008 leur indépendance, qui a été reconnue par 54 pays, dont les Etats-Unis et 22 des 27 pays membres de l'UE. Le Chypre, l'Espagne, la Grèce, la Slovaquie et la Roumanie ont refusé toutefois de reconnaître le Kosovo indépendant soit par solidarité avec la Serbie, soit en raison du refus de créer un précédent alors qu'il y a des risques de sécession chez eux. (NLE)
Source: LeVif.be (L'Express)
URL: http://www.levif.be/belga/politique/78-4-85769/serbie-rejette-la-resolution-du-parlement-europeen-sur-kosovo.html
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