
Le Monde.fr avec AFP - 11 décembre 2008
Le Premier ministre croate Ivo Sanader a espéré jeudi que les "problèmes" qui persistent entre Zagreb et la Slovénie n'empêcheraient pas l'avancée prévue la semaine prochaine des négociations d'adhésion de son pays à l'UE.
"J'espère que certains problèmes (...) toujours sur la table seront résolus pour que la Croatie puisse ouvrir dix chapitres et en fermer cinq", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse, dans une allusion au risque d'un veto slovène.
En octobre, Ljubljana avait déjà empêché l'ouverture de quatre des 35 chapitres thématiques qui jalonnent les négociations d'adhésion de la Croatie à l'UE, commencées en octobre 2005.
La Slovénie accuse Zagreb d'avoir inclus dans les documents transmis à l'UE sur ces chapitres des éléments qui préjugent de la fixation des frontières terrestres et maritimes entre les deux anciennes républiques yougoslaves, qui n'ont jamais réussi à se mettre d'accord sur cette question depuis leur indépendance en 1991.
"Il n'y a pas d'impasse, du moins pas encore, et nous essayons d'éviter une impasse", a de son côté commenté jeudi le commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn, confirmant que dix chapitres étaient prêts à être ouverts et cinq à être fermés.
"J'espère et j'ai confiance dans le fait que ces problèmes seront surmontés (...) pour que nous puissions faire un vrai pas en avant dans les négociations d'adhésion", a-t-il ajouté, appelant à ce que la Croatie soit traitée de façon "juste".
Selon une source diplomatique slovène, la position de Ljubljana la semaine prochaine "dépendra" des résultats d'une médiation de la présidence française.
Les Slovènes exigent une lettre de Zagreb qui donne "suffisamment de garanties" sur le fait que les documents litigieux ne préjugent pas d'un règlement futur du problème frontalier.
Si c'est le cas, "la Slovénie acceptera d'ouvrir un nombre substantiel de chapitres", dans le cas contraire, "seulement un tout petit nombre" sera ouvert, a ajouté cette source.
Un autre diplomate a indiqué qu'en cas d'échec, un seul chapitre pourrait être ouvert.
Un tel résultat risquerait de mettre en cause la "feuille de route" indicative prévue par la Commission pour terminer les négociations techniques d'ici à la fin 2009.
Pour atteindre cet objectif, il faudrait ouvrir tous les chapitres d'ici à la fin de l'année ou au plus tard au tout début 2009. Or, à ce jour, seuls 21 sur 35 sont ouverts.
Interrogé sur ce scénario, M. Rehn n'a pas souhaité répondre. "Je ne veux pas spéculer sur un échec", a-t-il dit.
Source: LeMonde.fr avec AFP
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