
Par Grégoire Cayé,
Mehmet Ali, ou le destin hors du commun d’un fils de marchand albanais de Kavala (actuelle Grèce, ancienne Macédoine ottomane) né en 1769, et dont l’ascension fulgurante le conduisit à faire vaciller la Sublime Porte.
Propulsé administrateur de l’Egypte ottomane par le Sultan au début du XIXème siècle, Mehmet Ali réussit brillamment à faire entrer le pays dans l’ère moderne et à étendre son pouvoir jusqu’aux confins de l’Afrique Noire et sur les possessions Levantines de l’Empire ottoman.
Tantôt décrié, tantôt adulé, Mehmet Ali « l’opportuniste », dont la route a croisé celle de Napoléon Bonaparte, sût de plus tirer profit de sa position de gouverneur pour menacer directement la puissance protectrice ottomane, « poisson pourrissant par la tête » depuis la mort de Soliman Le Magnifique.
Le long règne de Mehmet Ali (1805-1848), fondateur d’une dynastie qui régna en Egypte jusqu’à l’avènement de Nasser et du panarabisme, se confond par ailleurs avec l’arrivée en force des puissances occidentales dans l’Orient « compliqué », véritable nœud géostratégique guidant encore de nos jours les équilibres politiques mondiaux.
Cet article relate les faits marquants de la vie du « père » de l’Egypte moderne.
De Kavala à Aboukir :
Mehmet Ali est né en 1769 dans la ville de Kavala, sur les rives de la mer Egée. Ses parents étaient Albanais [1]. A ce titre, selon de nombreux journalistes occidentaux et de personnes l’ayant connu, il ne parlait couramment que la langue albanaise [2]. Il possédait de plus quelques notions avancées de turc [3].
Mehmet Ali était le fils d’Ibrahim Agha, marchand de tabac, et de Zainab Agha, fille de son oncle Husain Agha. Ce dernier était un homme important de part sa position d’« Ayan » de Kavala (Husain Agha ou Corbaci).
Mehmet Ali perdit rapidement son père et, fût donc éduqué par son oncle et ses cousins.
Plus tard, et afin de le récompenser de sa grande force de travail, son puissant oncle Corbaci lui donna le rang de « Bolukbashi » de Kavala, rang administratif et militaire voué à la collecte des impôts locaux. Après une carrière prometteuse dans cette fonction, Mehmet Ali obtint le grade de second commandant dans le Contingent Volontaire de Kavala commandé par son cousin Sarechesme Halil Agha.
A la même époque, Mehmet Ali se maria à la fille d’Ali Agha, Emine Nosratli, riche veuve d’Ali Bey (Sultan Mamelouk d’Egypte de 1760 à 1772).
En 1799, en sa qualité de second commandant du Contingent albanais de l’Armée ottomane, Mehmet Ali fût envoyé en Egypte afin de stopper les armées de Napoléon Bonaparte. Il débarqua le 14 juillet 1799 à Aboukir. Dépendante du contingent albanais et d’autres troupes hétérogènes, cette campagne s’acheva par la conquête du Soudan en 1820.
Suite au retrait français, Mehmet Ali prit le pouvoir en Egypte et, obligea le Sultan ottoman Selim III à le reconnaître Wali, ou gouverneur, de la province en 1805.
Il transforma par la suite l’Egypte en un pôle de pouvoir régional qu’il imagina comme le successeur naturel de l’Empire ottoman se délitant. Il résumait à l’époque sa vision de l’Egypte de la façon suivante : « Je suis bien au courant que l’Empire ottoman court à sa propre destruction…Sur ses ruines, je construirai un vaste royaume…jusqu’à l’Euphrate et au Tigre ».
Au sommet de son pouvoir, Mehmet Ali et les forces militaires de son fils Ibrahim Pasha menacèrent directement l’existence de l’Empire ottoman, avec comme but ultime de remplacer la maison d’Osman par sa propre dynastie. Finalement, l’intervention des Grandes Puissances empêcha les forces égyptiennes de marcher sur Istanbul et ainsi, le pouvoir de sa dynastie fût limité à l’Afrique. Mehmet Ali avait conquis le Soudan dans la première partie de son règne et, ce contrôle égyptien fût consolidé et étendu sous ses successeurs, plus précisément sous le règne d’Ismail Ier, fils d’Ibrahim Pasha.
La conquête du pouvoir :
En 1798, Napoléon envahit la province ottomane d’Egypte et détruisit l’armée des Mamelouks lors de la bataille des Pyramides (21 juillet 1798). L’objectif militaire immédiat de l’expédition française était alors de couper les routes de communication britanniques vers les Indes. La destruction de la flotte française par les Britanniques lors de la bataille du Nil (1er et 2 août 1798), près d’Alexandrie, anéantit les ambitions égyptiennes de Napoléon.
Malgré cela, le reste de la force expéditionnaire française occupa l’Egypte, non sans grandes difficultés, pendant trois années. L’occupation française prit fin en 1801 par l’action coordonnée d’une expédition composée de Britanniques et d’Ottomans.
Les divisions politiques et ethniques dans les rangs ottomans empêchèrent ces derniers de conserver le pouvoir en Egypte. Les salaires impayés dans l’armée ottomane poussèrent notamment les militaires à se mutiner et à verser dans le banditisme. En ajoutant à cela la mise à l’écart du pouvoir des Mamelouks et le retrait français, l’Egypte fût alors confrontée à une vacance du pouvoir.
C’est alors que Mehmet Ali, jeune officier de l’armée ottomane (second commandant du contingent albanais de son oncle Sarechesme Halil Agha) envoyé à l’assaut de l’expédition française en 1799, en profita pour combler cette vacance du pouvoir en établissant un base de pouvoir locale composée de chefs de villages, de clercs, et de riches marchants du Caire. En l’absence de quiconque capable de tenir correctement le pouvoir, Mehmet Ali fût reconnu Wali d’Egypte par la Porte en 1805 et ce, en échange de sa loyauté.
Mehmet Ali consacra ses premières années de pouvoir à combattre les tentatives destinées à le renverser et, étendit son autorité personnelle sur toute l’Egypte. L’un des épisodes les plus sombres de son règne intervint quand il décida d’écraser le pouvoir des Mamelouks par le massacre de leurs chefs. Ayant cherché à user les Mamelouks pendant des années de raids meurtriers et d’escarmouches, il décida d’inviter leurs émirs en 1811 afin de fêter la nomination de son fils Tusun Pasha à la tête de l’armée devant être envoyée combattre la rébellion wahhabite en Arabie. Il profita alors de cette occasion pour piéger et faire massacrer les émirs Mamelouks par les artilleurs de Tusun Pasha au cœur même de la Citadelle du Caire. Cet épisode sanglant reste ainsi connu sous le nom de « Massacre de la Citadelle ». Suite à ce massacre, le corps de l’un des chefs Mamelouks, Siam Bey, fût traîné dans les rues du Caire comme exemple du sort réservé à quiconque chercherait à menacer le pouvoir du Gouverneur.
Industrialisation et modernisation :
Afin de pallier aux dépenses permanentes engendrées par la réforme militaire, Mehmet Ali décida de réorienter l’économie égyptienne autour de la culture et de la production de coton. La culture du coton demeurait en effet une importante source de revenus du fait de la demande croissante des manufacturiers britanniques. Mehmet Ali obligea ainsi les agriculteurs égyptiens à se focaliser sur cette production.
Par le biais de cette réforme économique majeure, Mehmet Ali en profita pour transformer cette production nationale de coton en un monopole personnel, en achetant lui-même la production et en la revendant au prix fort aux manufacturiers britanniques.
Il tenta par ailleurs de développer l’industrie textile sur la base de la production de coton mais sans succès.
Les besoins militaires alimentèrent d’autres projets de modernisation tels que des écoles, des hôpitaux, des routes et des canaux, des entreprises destinées à la fabrication d’uniformes et de munitions, ainsi que des chantiers navals à Alexandrie (et ce, malgré l’export massif de bois vers l’étranger).
Au même titre, Mehmet Ali institua la conscription des paysans, obligeant même ces derniers à accomplir des corvées de travail au bénéfice de ses usines et projets industriels. Néanmoins, la paysannerie tenta d’échapper à ces conscriptions en prenant fuite, parfois jusqu’en Syrie. De nombreux paysans se mutilèrent afin de se rendre inaptes au combat. Les voies les plus fréquentes d’auto-mutilation furent notamment l’éborgnement à la mort aux rats ou encore l’amputation d’un doigt de la main droite afin de ne pas être en mesure de tirer au fusil.
La rébellion contre le Sultan :
Mehmet Ali voyait le Soudan comme une extension de l’Egypte en eau, en terres et en ressources, notamment pour l’or et les esclaves. Ainsi, en 1820, il ordonna une campagne afin de conquérir et occuper le Soudan. Ses troupes atteignirent le pays en 1821 et durent faire face à une solide résistance. Néanmoins, la suprématie des troupes égyptiennes et leurs armes à feu assurèrent la conquête du pays. Mehmet Ali disposait dès lors d’un avant-poste duquel il pouvait se projeter vers la source du Nil en Ethiopie et en Ouganda. Les portes de l’Afrique Noire lui étaient dès lors ouvertes. Son administration captura de nombreux esclaves dans les montagnes de Nubie, qui furent incorporés au sein d’un régiment à pied connu sous le nom de Gihadiya. Le règne de Mehmet Ali et de ses successeurs (jusqu’à l’accession au pouvoir d’Ismail Pasha) sur le Soudan reste connu dans le pays pour sa brutalité.
En 1824, le Sultan ottoman fît appel à Mehmet Ali, afin de l’épauler pour mater une importante rébellion ayant lieu dans les provinces grecques de l’Empire. Mehmet Ali envoya ainsi sa flotte et 17 000 hommes sous le commandement de son fils Ibrahim Pasha. Face aux Ottomans, la France, la Grande-Bretagne et la Russie intervinrent pour protéger les Grecs. Le 20 octobre 1827, la flotte égyptienne (sous commandement du représentant ottoman Muharram Bey) fût coulée par celle des Alliés (sous le commandement de l’Amiral Edward Codrington) à Navarino. Si la Porte n’était pas la moins préparée à cette confrontation, Mehmet Ali n’en était pas plus préparé à la perte de sa puissante marine. En compensation, il réclama au Sultan de lui céder le territoire de Syrie. Les Ottomans restèrent indifférents à cette requête, le Sultan se demandant alors ce qu’il adviendrait si la Syrie était cédée et que par la suite Mehmet Ali était déposé. L’ennemi ne pourrait-il pas ainsi se servir de la Syrie comme tremplin à une invasion de l’Egypte sans protection ? [4]
Néanmoins et malgré ces arguments, Mehmet Ali ne pouvait tolérer cette indifférence ottomane. L’engrenage de la conquête de la Syrie était désormais en mouvement.
A l’image de nombreux gouvernants de l’Egypte l’ayant précédé, Mehmet Ali était en effet désireux de contrôler le Levant (Bilad-al-Sham) et ce, à la fois pour sa valeur stratégique et pour ses riches ressources naturelles. Il ne s’agissait pas chez lui d’une envie soudaine mais plutôt d’un but poursuivi depuis son arrivée en Egypte. Non seulement la Syrie possédait des ressources naturelles abondantes, mais elle disposait aussi d’une communauté d’échanges prospère grâce aux marchés développés du Levant. De plus, la Syrie serait un marché captif pour les biens désormais produits en Egypte. Enfin, la Syrie demeurait probablement le territoire le plus désirable stratégiquement en ce qu’il constituait un Etat-tampon entre l’Egypte et le Sultan.
Une nouvelle flotte fût construite, une nouvelle armée fût levée. Le 31 octobre 1831 débuta l’invasion de la Syrie par l’Egypte, sous le commandement du fils aîné de Mehmet Ali, Ibrahim Pasha. Il s’agissait alors de la première Guerre turco-égyptienne.
En gage de crédibilité vis-à-vis de la communauté occidentale, un prétexte demeurait vital pour l’invasion de la Syrie. L’excuse pour l’expédition fût celle d’une soi-disant querelle avec Abdullah Pasha d’Acre. En effet, Mehmet Ali prétendit que 6000 fellahin avaient fui à Acre (Syrie) afin d’échapper aux corvées et aux taxes. Il y entreprendrait ainsi une expédition afin de récupérer son dû [5].
Les Egyptiens envahirent facilement la Syrie, n’opposant qu’une faible résistance. La ville d’Acre tomba après un siège de six mois qui dura du 3 novembre 1831 au 27 mai 1832.
L’armée égyptienne marcha ensuite sur l’Anatolie. Lors de la bataille de Konya (21 décembre 1832), Ibrahim Pasha battit lourdement l’armée ottomane dirigée par le Grand Vizir Reshid Pasha. Il n’y avait donc plus aucun obstacle entre les forces d’Ibrahim et Istanbul. Le but de Mehmet Ali demeurait dès lors de déposer le Sultan Ottoman Mahmud II et de le remplacer par son fils, Abdülmecid.
Menacé, le Sultan Mahmud II accepta une offre russe d’appui militaire, provoquant alors la consternation des gouvernements britannique et français. La Russie proposa une solution négociée en 1833 sous le nom de Convention de Kutahya [6]. Les termes de la paix étaient les suivants : Mehmet Ali retirait ses forces d’Anatolie et recevait en compensation les territoires de Crète (connue alors sous le nom de Candie) et le Hijaz (région du nord-ouest de l’actuelle Arabie Saoudite comprenant notamment la ville sainte de La Mecque). Enfin, Ibrahim Pasha serait nommé gouverneur de Syrie.
En 1839, Mehmet Ali, non content de la souveraineté partielle exercée sur la Syrie, repartit en guerre contre les forces du Sultan. Mahmud II ordonna alors à ses troupes d’avancer sur la frontière syrienne et, fût battu par Ibrahim lors de la bataille de Nezib (24 juin 1839) près d’Urfa. Venant en écho de la défaite ottomane de Konya, cette bataille rendait de nouveau Istanbul vulnérable face aux forces de Mehmet Ali.
Mahmud II mourut juste après la bataille de Nezib et fût alors remplacé par son fils Abdülmecid. C’est alors que Mehmet Ali et son fils Ibrahim commencèrent à discuter de la voie à suivre : Ibrahim voulait conquérir Istanbul et demander le siège impérial alors que Mehmet Ali était plutôt enclin à demander de simples concessions territoriales ainsi qu’une plus large autonomie politique pour lui et sa famille.
Le 15 juillet 1840, la Grande-Bretagne, l’Autriche, la Russie et la Prusse signèrent la Convention de Londres, qui garantissait le gouvernement héréditaire de Mehmet Ali sur l’Egypte et, l’administration à vie du protectorat d’Acre en échange du retrait de ses troupes du territoire syrien et des régions côtières du Mont Liban. Mehmet Ali refusa ces termes et, malgré l’opposition de la France, une coalition militaire européenne intervint sur place plusieurs semaines plus tard.
Après que les navires britanniques et autrichiens aient bloqué le delta du Nil, bombardé Beyrouth (11 septembre 1840), et après la capitulation d’Acre (3 novembre 1840), Mehmet Ali finit par accepter les termes de la Convention de Londres le 27 novembre 1840. Il renonçait ainsi à ses prétentions sur la Crète et le Hijaz et, réduisait sa flotte et son armée (à hauteur de 18000 hommes). En échange, il pouvait donc jouir, lui et ses descendants, d’une souveraineté héréditaire sur l’Egypte et le Soudan, ce qui représentait un statut sans précédent pour un vice-roi ottoman.
Au-delà du règlement du conflit turco-égyptien, la Convention de Londres représentait, de par ses termes et ses conséquences, les prémices de l’établissement politique moderne des forces européennes au Proche-Orient.
Néanmoins, après 1843, Mehmet Ali commença à lentement tomber dans la paranoïa. Les raisons de celles-ci sont discutées entre des problèmes de santé (sénilité, effets du nitrate d’argent qu’il s’était vu prescrire pour soigner une attaque de dysenterie [7]) et des problèmes politiques, du fait notamment des conséquences de la débâcle syrienne et du traité de Balta Liman ayant obligé le gouvernement égyptien à abolir les barrières à l’importation et donc par la-même les monopoles exercés sur la production.
En 1844, la dette de l’Etat égyptien s’élevait à plus de 80 millions de francs. Craignant la réaction de Mehmet Ali et donc pour sa propre vie, le ministre des finances Sherif Pasha approcha tout d’abord le fils Ibrahim avec un rapport et un plan de crise. Ibrahim Pasha craignait aussi la réaction de son père et décida de faire annoncer la mauvaise nouvelle par sa fille favorite. Malgré ces efforts, la colère de Mehmet Ali dépassa les espérances. Il mit plus de six jours à s’en remettre.
En 1846, alors qu’Ibrahim était envoyé en Italie pour un traitement thermal destiné à soigner des rhumatismes et une tuberculose, Mehmet Ali se rendit à Istanbul. Il approcha alors le Sultan sur un ton pacifique et lui exprima ses peurs par cette phrase : « Mon fils Ibrahim est vieux et malade, Abbas est indolent. Comment mes enfants vont-ils alors pouvoir conserver l’Egypte ? [8] ».
Après s’être assuré de la souveraineté héréditaire de sa famille sur l’Egypte par le Sultan, Mehmet Ali gouverna jusqu’en 1848. Au-delà de cette date, sa sénilité l’en empêcha complètement.
C’est ainsi que son fils et héritier Ibrahim n’eût pas d’autre choix que de se rendre à Istanbul afin de demander au Sultan de le reconnaître souverain d’Egypte et du Soudan et ce, en dépit du fait que son père était toujours en vie. Néanmoins, rongé par la fièvre et la culpabilité, Ibrahim fût pris de violentes douleurs et hallucinations dans le bateau le ramenant en Egypte.
Il survécut au voyage mais mourut six mois plus tard. Son neveu Abbas Ier (fils de Tosun) lui succéda.
Mehmet Ali, devenu tellement malade et sénile, ne fût même pas en mesure d’être informé du décès de son fils. Il mourut plusieurs mois de souffrances plus tard, 2 août 1849. Il fût enterré dans l’imposante mosquée qu’il avait fait lui-même construire dans la Citadelle du Caire.
L’immédiate réaction à son décès fût marquée par l’ignorance de son petit-fils et successeur Abbas Ier, n’ayant jamais éprouvé une réelle admiration pour son grand-père.
Témoin de cette réaction d’indifférence, John Murray, Conseiller britannique de l’époque, a écrit :
« …la cérémonie des funérailles fût misérable ; le Consul ne fût pas invité à y assister et, ni les magasins ni les établissements publics ne furent fermés – pour résumé, l’impression générale prévalant est qu’Abbas Pasha a montré un manque coupable de respect à la mémoire de son illustre grand-père et ce, en autorisant que ses obsèques soient organisées d’une si triste manière et n’y assistant pas personnellement…l’attachement et la vénération de toutes classes de la société égyptienne pour le nom de Mehmet Ali méritaient des obsèques plus dignes que pour n’importe quel autre dirigeant et donc, que celles rendues par son successeur. Les plus vieux habitants se souviennent et parlent du chaos et de l’anarchie desquels Mehmet Ali au sauvé le pays ; les plus jeunes comparent son règne énergique avec le gouvernement capricieux et vacillant de son successeur ; toutes les catégories, que ce soit les Turcs ou les Arabes, ne le ressentent pas seulement, mais n’hésitent pas à dire ouvertement que la prospérité de l’Egypte a disparu avec Mehmet Ali. En vérité mon cher il ne peut être nié que, malgré ses fautes, Mehmet Ali était un grand homme » [9].
Mehmet Ali est titulaire de la Grande Croix de la Légion d’Honneur.
Notes de bas de page :
[1] Albert Hourani et al., The Modern Middle East: A Reader, (University of California Press: 2004), p.71
Warren Isham; George Duffield; Warren Parsons Isham; D Bethune Duffield; Gilbert Hathaway (1858). Travels in the two hemispheres, or, Gleanings of a European tour. Doughty, Straw, University of Michigan, p.70 - 80.
Samuel Shelburne Robison (1942). History of Naval Tactics from 1530 to 1930:The Evolution of Tactical Maxims. The U.S. Naval Institute, p.546.
William Wing Loring (1884). "(full text) A Confederate Soldier in Egypt" p.28. Dodd, Mead & company.
George Duffield, Divie Bethune Duffield, Gilbert Hathaway (1857). Magazine of Travel: A Work Devoted to Original Travels, in Various Countries, Both of the Old and the new. H. Barns, Tribune Office, p.79.
William Stadiem (1991). Too Rich: The High Life and Tragic Death of King Farouk. Carroll & Graf Pub (New York).
[2] Hassan Hassan (2000). In The House of Muhammad Ali. American University in Cairo Press.
[3] Arthur Goldschmidt (2001). A Concise History of the Middle East: Seventh Edition. Westview Press, p.195.
[4] Bahr Barra, Jamad I 1243/1828
[5] Afaf Lutfi al-Sayyid Marsot, Egypt in the reign of Muhammad AliUniversity of Cambridge, 1983
[6] Charles Kupchan (2001). Power in Transition: The Peaceful Change of International Order. United Nations University Press, 117.
[7] "...the silver nitrate his doctors gave him earlier to cure his dysentery was taking its toll...",Afaf Lutfi as-Sayyid Marsot, Egypt in the reign of Muhammad Ali,Chapter 11, page 255; Cambridge Press, 1983
[8] Nubar Pasha,Memoirs, p.63
[9] F.O. 78/804. Murray to Palmerston, September 1849
Références:
•Article Wikipedia (en anglais) intitulé « Muhammad Ali of Egypt », http://en.wikipedia.org/wiki/Muhammad_Ali_of_Egypt
•Cet article contient des textes de la onzième édition de l’Encyclopaedia Britannica, publication désormais dans le domaine public.
•Fahmy, Khaled. 1997. All The Pasha's Men: Mehmed Ali, his army and the making of modern Egypt. New York: American University in Cairo Press. ISBN 977-424-696-9
•Fahmy, Khaled. 1998. "The era of Muhammad 'Ali Pasha, 1805-1848" in The Cambridge History of Egypt: Modern Egypt, from 1517 to the end of the twentieth century. M.W. Daly, ed. Pp. 139-179, Vol. 2. Cambridge: Cambridge University Press. ISBN 0-521-47211-3
•Hourani, Albert. 2002. A History of the Arab Peoples. London: Faber and Faber. ISBN 0-446-39392-4
•al-Jabarti, Abd al-Rahman. 1994. 'Abd al-Rahman al-Jabarti's History of Egypt. 4 vols. T. Philipp and M. Perlmann, translators. Stuttgart: Franz Steiner Verlag. ISBN 3-515-05756-0
•Vatikiotis, P.J. 1991. The History of Modern Egypt: From Muhammad Ali to Mubarak. Baltimore: The Johns Hopkins University Press. ISBN 0-8018-4215-8