RTBF Info - 6 janvier 2008
Presque toute l'Europe était touchée mardi par les coupures des livraisons de gaz russe transitant par l'Ukraine, les pays d'Europe centrale, plus dépendants, étant particulièrement affectés par ce nouveau conflit gazier en plein hiver entre Kiev et Moscou.
La Russie fournit au total 40% des volumes importés de gaz de l'UE, dont 80% transitent par l'Ukraine, mais la dépendance de chacun des pays de l'UE est très variable, de 100% pour la Slovaquie à 0% pour une dizaine d'Etats dont le Royaume-Uni ou l'Espagne. Ce sont les pays d'Europe centrale qui sont en première ligne.
Dans l'UE, les livraisons ont été totalement interrompues mardi en Hongrie, dépendante à 65% du gaz russe, en Grèce (81%), en Bulgarie (90%). Quatre pays des Balkans destinés un jour à rejoindre le bloc européen ne reçoivent plus rien non plus: Croatie, Bosnie, Serbie et Macédoine. Les livraisons ont également fortement baissé en Pologne, Autriche, Slovaquie, Slovénie et Roumanie.
Les pays d'Europe occidentale, moins dépendants du gaz russe, sont aussi désormais touchés: en France, les livraisons ont baissé de plus de 70% mardi, et en Italie de 90%. Des baisses de pression ont été enregistrées en Allemagne.
Pour l'instant, la présidence tchèque de l'UE, qui a dénoncé une situation "complètement inacceptable" et réclamé le rétablissement des approvisionnements, estime que la situation n'est "pas encore critique", les pays touchés pouvant puiser dans des réserves pour l'instant élevées. Mais "si elle dure plusieurs jours, nous aurons un sérieux problème", a estimé le vice-Premier ministre tchèque Alexandr Vondra, alors que l'UE a prévu vendredi une réunion de son groupe de coordination sur le gaz.
Plusieurs pays de l'Est ont d'ailleurs déjà réclamé une réaction coordonnée de l'UE pour pallier d'éventuels risques de pénurie. Mais Russes et Ukrainiens semblent prêts à reprendre les négociations: le patron de la compagnie gazière publique ukrainienne Naftogaz, Oleg Doubina, se rendra à Moscou jeudi pour y rencontrer son homologue russe de Gazprom.
Gazprom est "prêt à discuter jour et nuit" avec Kiev pour régler le conflit, a affirmé à Berlin le numéro deux de l'entreprise Alexandre Medvedev, qui a estimé une nouvelle fois que "la partie ukrainienne est complètement responsable de tout ce qui arrive".
Moscou et Kiev se rejettent mutuellement la responsabilité du conflit, la Russie accusant l'Ukraine de "voler" une partie du gaz russe transitant sur son territoire vers le reste de l'Europe. L'Ukraine accuse la Russie de ne pas fournir le gaz nécessaire aux clients européens.
Moscou a coupé le 1er janvier l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine, faute d'un accord sur le prix pour 2009 et sur des arriérés de paiement. A l'hiver 2005-2006 déjà, un différend russo-ukrainien avait brièvement perturbé l'approvisionnement en gaz de plusieurs pays d'Europe. Une délégation de la présidence tchèque et de la Commission européenne devait rencontrer Alexandre Medvedev de Gazprom ce mardi à Berlin.
(D'après Belga)
Source: RTBF Info
URL: http://www.rtbf.be/info/les-balkans-grelottent-alors-que-la-crise-du-gaz-saggrave-69012
Friday, 9 January 2009
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