Friday, 6 February 2009

Redécoupage de la Bosnie-Herzégovine : quelles seraient les quatre futures régions ?

Newropeans Magazine - 29 janvier 2009 (mise à jour: 6 février 2009)

Les réactions fusent depuis que, lundi 26 janvier, les dirigeants des principaux partis - Sulejman Tihić (SDA), Milorad Dodik (SNSD) et Dragan Čović (HDZ) - ont convenu à Banja Luka d’un partage du pays en quatre « régions » autonomes. Les détails de l’accord ne sont toujours pas connus, mais Oslobodjenje évoque ce que pourraient être ces régions, au tracé surprenant : ainsi, la région de Bihać, très majoritairement bosniaque, serait réunie à Banja Luka, la capitale de la Republika Srpska...

À peine leur conférence de presse achevée, les trois dirigeants ont chacun donné des interprétations très différentes de l’accord. Le trio va se retrouver à Mostar le 23 février pour la suite des discussions. Oslobođenje a eu accès à un document qui pourrait constituer une base de départ pour Sulejman Tihić, pour négocier la partition du pays en quatre régions.

L’opposition, mais également les cinq autres partis membres du gouvernement, ont fortement critiqué l’accord signé à Banja Luka, chacun à leur manière : le Parti démocratique serbe (SDS) accuse Milorad Dodik d’avoir donné son accord pour la partition du pays en quatre régions et d’avoir ainsi mis en péril les Accords de Dayton, qui garantissent l’existence de la Republika Srpska.

Les partis croates, signataires de la déclaration de Kreševo, critiquent de leur côté Dragan Čović pour n’avoir pas remis en question la souveraineté de la Republika Srpska, laissant ainsi aux Croates les « miettes du gâteau fédéral ».

Des critiques similaires, ou plus radicales encore, sont formulées à l’encontre de Sulejman Tihić, certains allant même jusqu’à l’accuser de « haute trahison ».

Que sait donc Sulejman Tihić ?

Dans une émission télévisée, le 26 janvier au soir, lors son affrontement avec le dirigeant du Parti pour la Bosnie-Herzégovine (SBiH), Haris Silajdžić - parti avec lequel le SDA est en coalition - Sulejman Tihić s’est comporté comme s’il connaissait des aspects de l’accord qu’il ne souhaitait pas dévoiler. « Ne réagis pas comme ça, tu ne sais pas ce que nous avons convenu », a-t-il répondu aux accusations de Haris Siljadžić.

L’émission s’était terminée sur un semblant de soutien de Haris Silajdžić au projet, mais à la condition que la nouvelle organisation territoriale porte sur l’ensemble du pays et que les régions ainsi créées ne prennent pas en compte les frontières des deux entités.

Les détails de la rencontre de Banja Luka ne sont toujours pas connus. Cependant, nous avons eu accès à des documents secrets datant de 2002, quand Alija Izetbegović était encore à la tête du SDA. Ce document s’intitule : « Bosnie-Herzégovine : un État composé de régions multiethniques – document de travail ». Selon nos sources, ce document devrait constituer la base de travail de Sulejman Tihić lors de la prochaine rencontre des trois dirigeants, prévue à Mostar le 23 février.

Ce document commence par un bref rapport sur l’organisation du pays, suivi d’une proposition de trois variantes qui, selon des experts du SDA, pourraient être des solutions pour la Bosnie-Herzégovine : le pays se composerait de quatre, sept ou dix régions. Nous n’allons pas citer les deux autres variantes évoquées dans ce document, puisque la première d’entre elles correspond aux déclarations de Sulejman Tihić à l’issue de la rencontre de Banja Luka : Mostar, Sarajevo, Banja Luka et Tuzla deviendraient les centres des quatre futures régions.

Les auteurs du document soulignaient que dans chacune de ces quatre régions, aucun groupe ethnique n’a de majorité absolue. Malheureusement, ce document prend en compte des données démographiques datant de 1990.

Selon ce document, la région de Banja Luka s’étendrait depuis Bihac, à l’ouest, plus précisément depuis Velika Kladuša, jusqu’à Srbac au nord. La frontière sud irait de la municipalité de Bosansko Grahovo jusqu’à Glamoč, en passant par Gornji Vakuf et Kupres, tandis que Jajce marquerait la frontière sud-est.

De Derventa à Bijeljina s’étendrait la frontière nord de la région de Tuzla, la frontière sud correspondant à une ligne ouest-est qui traverserait les villes de Teslić, Banovići, Lukavac, Maglaj, Kladanj, Vlasenica et Srebrenica. La ville de Doboj serait également incluse dans cette région.

La région de Sarajevo irait de Travnik au nord-ouest en passant par Novi Travnik, Vitez, Žepče, Kreševo, Fojnica jusqu’à Sarajevo, et inclurait également au sud-est les villes de Foča, Rudo, Višegrad et Čajniče.

La frontière de la région de Mostar passerait par Livno, Tomislavgrad, Prozor et Konjic à l’extrême est, soit la frontière historique entre l’Herzégovine et la Bosnie (au niveau de la commune de Ivan Sedlo, où passe la ligne de partage des eaux entre l’Adriatique et la Mer Noire). Cette région comprendrait aussi toutes les municipalités de l’est de l’Herzégovine – Gacko, Bileća, Nevesinje et Trebinje.

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La composition ethnique de Bosnie-Herzégovine avant la guerre

Ce document pourrait être une base de départ, ou du moins représenter les exigences maximales avec lesquelles Sulejman Tihić compte se rendre à la réunion de Mostar.

On peut facilement remarquer tous les avantages et tous les inconvénients de cette proposition. Elle s’appuie ainsi sur des critères historiques, économiques, géographiques concrets et sur des identités régionales.

Mais la réalité sur le terrain et les équilibres démographiques actuels ne correspondent plus du tout à ceux de l’époque où le document a été conçu. Par exemple, la région de Banja Luka ne compte plus que 13.000 Croates, contre 120.000 avant la guerre.

Milorad Dodik, même s’il « obtient » Bihać et d’autres municipalités de la région de Krajina, y compris Grahovo et Drvar - des villes en majorité serbes – n’admettra pas sûrement pas ce nouveau partage territorial, surtout s’il doit céder en contrepartie des municipalités moins développées de Bosnie orientale. Qu’en sera-t-il de villes comme Doboj, Derventa ou Trebinje ?

Que souhaite Dragan Čović ?

Dragan Čović pourrait céder une partie de l’Herzégovine, comptant cependant sur quelques municipalités de Bosnie centrale telles que Bugojno ou Kiseljak. Pour cela, il essaiera de s’entendre avec Milorad Dodik et cherchera à introduire le principe de la discontinuité territoriale, incluant ainsi les « poches croates » d’Orašje à Kiseljak dans une même unité territoriale.

Bien entendu, on peut s’attendre à une résistance de la part des Bosniaques, notamment dans la région de Bihać, qui se retrouverait sous la tutelle de Banja Luka.

Les conflits politiques entre les différents camps pourraient entraîner un soulèvement des populations. Toutefois, il est trop tôt, et probablement inutile d’en parler, car il y a peu de chances que Dragan Čović, et surtout Milorad Dodik, acceptent un tel découpage de la Bosnie-Herzégovine. En outre, même s’ils se mettaient secrètement d’accord, les trois dirigeants survivraient difficilement aux attaques venant de leurs oppositions respectives.

D’un autre côté, en supposant que Sulejman Tihić accepte la division ethnique de la Fédération, il n’aurait pas le soutien des membres de son propre parti et encore moins celui du Parti pour la Bosnie-Herzégovine, (SBiH) de Haris Silajdžić, du Parti social-démocrate (SDP) de Zlatko Lagumdžija, et du Parti patriotique de Bosnie-Herzégovine (BPS) de Sefer Halilović, partis auxquels le SDA est associé dans plusieurs coalitions.

Une principale question demeure : qui va céder quoi dans cette joute entre les trois dirigeants ? La Bosnie-Herzégovine risque encore de rester bloquée dans une position de statu quo, en attendant que le trio se mette d’accord.

Traduit par Eléonore Loué-Feichter - Courrier des Balkans

Source: Newropeans Magazine avec Oslobođenje (http://www.oslobodjenje.ba/) et Courrier des Balkans
URL: http://www.newropeans-magazine.org/content/view/8905/259/

Serbie rejette la résolution du Parlement européen sur le Kosovo

LeVif.be - 5 février 2009

La Serbie a rejeté la résolution non-contraignante du Parlement européen (PE) qui invite les pays de l'UE qui ne l'ont pas encore fait à reconnaître l'indépendance du Kosovo.

"Le texte de la résolution sur le Kosovo (du PE) est inacceptable pour la Serbie car il est contraire à notre Constitution, ainsi qu'au droit international", a déclaré le ministre serbe des Affaires étrangères Vuk Jeremic. Les eurodéputés ont adopté cet amendement jeudi par 281 voix contre 229. Les leaders kosovars albanais ont proclamé le 17 février 2008 leur indépendance, qui a été reconnue par 54 pays, dont les Etats-Unis et 22 des 27 pays membres de l'UE. Le Chypre, l'Espagne, la Grèce, la Slovaquie et la Roumanie ont refusé toutefois de reconnaître le Kosovo indépendant soit par solidarité avec la Serbie, soit en raison du refus de créer un précédent alors qu'il y a des risques de sécession chez eux. (NLE)

Source: LeVif.be (L'Express)
URL: http://www.levif.be/belga/politique/78-4-85769/serbie-rejette-la-resolution-du-parlement-europeen-sur-kosovo.html

Le parlement européen veut que toute l'UE reconnaisse le Kosovo

L'Express.fr - 5 février 2009

BRUXELLES - Le parlement européen demande que tous les pays de l'UE reconnaissent unanimement l'indépendance du Kosovo, proclamée il y a un an.

Dans une résolution non contraignante adoptée par 424 voix contre 133 et 24 abstentions, les eurodéputés souhaitent aussi que la Commission européenne et les Etats membres aident le gouvernement de Pristina à assurer la gestion du pays et à améliorer la situation des Roms et des autres minorités.

Le Kosovo a été reconnu par 22 des 27 pays membres de l'UE.

Chypre, la Grèce, la Slovaquie, l'Espagne et la Roumanie ont refusé de reconnaître l'indépendance de l'ancienne province serbe soit par sympathie pour Belgrade, soit par crainte d'être confrontés eux-mêmes à de nouveaux défis séparatistes.

Marcin Grajewski, version française Guy Kerivel

Source: L'Express.fr avec Reuters
URL: http://www.lexpress.fr/actualites/2/le-parlement-europeen-veut-que-toute-l-ue-reconnaisse-le-kosovo_738873.html

Thursday, 5 February 2009

La tentation terroriste en Grèce

L'Express.fr - 5 février 2009

La tentation terroriste en Grèce

Par Angélique Kourounis, Delphine Saubaber,

Un groupe armé jusqu'alors inconnu en Grèce, la "Secte des révolutionnaires", a revendiqué un attentat perpétré contre un commissariat dans la banlieue ouest d'Athènes, ce mardi. Dans ce pays hanté par le souvenir de la dictature, la violence de la gauche ultra peut-elle renaître en profitant de la crise politique?

Ce 5 janvier, la nuit s'étiole sur le quartier d'Exarchia, au coeur d'Athènes. Exarchia, le cauchemar des flics, le symbole des ruminations intimes d'une jeunesse gavée de colère et d'espoirs déçus. Dans ce bastion anar, le chaudron de la rébellion sociale bouillonne à feu vif, depuis la mort d'Alexis, ce jeune de 15 ans fauché le 6 décembre 2008 par la balle d'un policier.

Postés dans une ruelle, devant le ministère de la Culture, trois policiers, cuirassés de boucliers et de casques, se tiennent immobiles, sur le qui-vive. Il n'est pas loin de 6 heures, ce matin-là, quand deux hommes, sortis de nulle part, marchent vers les cerbères, armés d'une kalachnikov et d'un pistolet MP5. Une rafale de feu crève le silence. Un policier s'écrase au sol, grièvement touché. Son sang lavera celui d'Alexis, dont la gueule d'ange, placardée à deux rues de là, au-dessus d'un monticule de peluches, rappelle la descente aux enfers d'un pays égaré.

Dix jours plus tard, le 15 janvier, la revendication de l'attentat, signée Lutte révolutionnaire (EA), un groupe fiché au rang des "organisations terroristes" par l'Union européenne, atterrit sur le bureau du rédacteur en chef du journal Pontiki, le Canard enchaîné grec. Presque une habitude, pour Stavros Christakopoulos. Apparu en 2003, EA a commis une dizaine d'attentats à Athènes. Jusque-là, le groupe n'a jamais tué, mais il s'en est fallu de peu, et le journal a toujours publié l'intégrale de ses manifestes.

Cette fois, la prose s'étale sur sept pages, nichant l'utopie du grand soir dans le fatras d'un marxisme-léninisme fossilisé et d'une haine antiflics, largement partagée par les Grecs, s'appuyant sur un catalogue - vertigineux - des bavures policières impunies depuis 1976. Sept pages assaisonnées d'un titre en forme de pistolet sur la tempe: "Promesse de sang nouveau". En clair, le terrorisme est de retour. EA avertit: "L'assassin d'Alexis va sortir. On l'attend." De pied ferme, visiblement.

Le 17 novembre 1973, le soulèvement étudiant contre la dictature des colonels était noyé dans le sang par l'armée.

Il flotte dans l'air comme une odeur de poudre. Un malaise lancinant, dans ce pays qui a déjà abrité, pendant vingt-sept ans, le groupe terroriste le plus mystérieux d'Europe, le 17-Novembre - ce jour de 1973 où la rébellion estudiantine est matée dans le sang par la junte des colonels. Le "17-N"...

Rien, aucun renseignement, n'a jamais filtré, pendant toutes ces années, sur cette coterie ultrasecrète d'une vingtaine d'affiliés, qui a semé sur son passage 23 morts et plus de 50 blessés, justifiés, chaque fois, par des argumentaires prométhéens s'élevant contre la "vente du peuple" aux "comploteurs monarcho-juntistes" liés à la CIA.

Le trou noir, donc, jusqu'en 2002. Où l'enquête rebondit, sur un magistral coup de bol. Savas Xyros, un peintre de 44 ans, s'apprêtait à poser une bombe au Pirée quand l'engin lui a explosé dans les mains. Il perd trois doigts et un oeil. "Un cadeau tombé du ciel" pour le ministre de l'Ordre public de l'époque, Michalis Chrisochoidis, qui tient enfin un adhérent du 17-N. Lequel passe aux aveux, sous psychotropes, précisera-t-il. "Archifaux! J'avais dit que je poserais ma démission si une seule baffe tombait!" rugit, aujourd'hui, l'ancien ministre.

En 2003, c'est le procès d'exception. Quinze membres du 17-N, dont neuf proclament leur innocence, à commencer par Alexandre Giotopoulos, condamné en tant qu'instigateur moral du groupe, prendront quelques milliers d'années de prison à titre de revanche. La Grèce, taxée pendant vingt-sept ans d'aveuglement laxiste par les Américains, peut enfin redorer son blason d'Etat légaliste.
Déchirements

1946-1949 Guerre civile.

1967-1974 Dictature des colonels.

1975 Apparition du groupe du 17-Novembre. Le 23 décembre, attentat contre le chef de la CIA à Athènes.

1981 La Grèce rejoint la CEE.

2000 Le 8 juin, l'attaché militaire de l'ambassade de Grande-Bretagne meurt lors du dernier attentat réalisé par un membre du 17-Novembre.

2002 Démantèlement du groupe du 17-Novembre.

2003 Apparition de Lutte révolutionnaire (EA).

Seulement voilà, avec ce nouvel attentat, le ciel menace à nouveau de lui tomber sur la tête. L'ambassade américaine, touchée en 2007 par une roquette, suit l'affaire de très près. Le Département d'Etat américain propose 1 million de dollars pour toute information sur EA, ainsi que le ministère de l'Intérieur grec. Telle une bête rampante, le terrorisme n'aurait, en réalité, jamais cessé de "sommeiller, au fond de la casserole", comme le dit l'écrivain Petros Markaris.

La lutte armée, ici, a survécu au naufrage des mouvements d'extrême gauche européens bien après la fin des années 1980 - si l'on excepte le regain des nouvelles Brigades rouges, en Italie. De EA, donc, on ne sait rien, ou presque. Des anciens du 17-N seraient-ils passés entre les mailles? S'agit-il d'une nouvelle génération? Une chose est sûre: si EA n'est pas un 17-N bis, il joue dans la cour des mêmes prétentions.

Du fond de sa cellule de 2 mètres sur 5, au sous-sol de la prison de Korydallos, dans la banlieue d'Athènes, un homme de 51 ans, un pur, est au bout du fil. Un condamné à onze perpétuités et à neuf cents ans de prison. Qui observe, "avec une très grande attention", les rébellions assassines de ses successeurs, médite le lent pourrissement du capitalisme et s'enivre, à travers son poste de radio, du lointain écho du "printemps des émeutes au coeur de l'hiver".

Dimitri Koufondinas, surnommé "la main vénéneuse" car il ne ratait jamais sa cible, est un "combattant" devant l'Eternel. Il a endossé toute la responsabilité politique des actions du 17-N. Sa reddition fut à l'image du bonhomme. Alors que les télés bombardaient les Grecs d'avis de recherche, en 2002, il est allé au commissariat en taxi. Il a dit aux flics: "Je suis Koufondinas." On l'a pris pour un dingue. C'était la dernière danse de ce séditieux aux yeux sombres de saint byzantin.
Dimitri Koufondinas: Il a endossé toute la responsabilité politique des actions du 17-N.

Dimitri Koufondinas: Il a endossé toute la responsabilité politique des actions du 17-N.

Il parle d'une voix égale, un rien sibylline, dans le combiné. Le nouveau groupe? "Il essaie de combler un vide révolutionnaire... Après nous, qui avons apporté notre réponse à la révolution, ces jeunes cherchent la leur. Sans vouloir jouer au procureur ou au paternel bienveillant, je dirais qu'ils doivent apprendre de nos erreurs pour trouver leur propre chemin..."

A l'évidence, il en sait plus mais n'en dira rien. Avant que la conversation ne soit interrompue, il cite Robespierre - "Il n'y a pas de terrorisme sans vertu" - dit aussi que la violence est un moyen, mais ce n'est pas le seul, ni la panacée. Il prépare une anthologie sur la poésie de lutte et une tribune qui passera dans le journal Thema. Une de plus.

"Flic" abattu? Un "accident du travail"

Depuis que le 17-N est apparu, en 1975, la presse grecque a toujours accueilli avec complaisance la logorrhée révolutionnaire, participant à la mythification du clan. C'est l'époque, lyrique, de la violence légitime, d'Action directe, des Brigades rouges, des cours d'insurrection urbaine à la fac de Vincennes. La Grèce, elle, se relève à peine de la dictature maudite et ses tortionnaires gambadent dans la nature. Sur ce fumier, le terrorisme, qui dégommera d'abord le chef de la CIA et les bourreaux, va pousser comme une fleur.

"Pendant toutes ces années, on ne parlait pas de terrorisme, mais de résistance à l'establishment, relève l'historienne Maria Ragoussi. S'il a pu perdurer aussi longtemps, c'est en raison de cette étrange tolérance de la société, qui l'a identifié au combat social de la gauche, qui a toujours été la victime, pendant la guerre civile de 1946-1949, puis sous la dictature." La matraque, historiquement du côté de la droite oppressive et vomie, est restée dans les têtes.

Une des dernières lettresdu N-17 au journal Eleftherotypia, fin juillet 2002.

Alors, quand, dans ces années de lutte, quelqu'un appelle le journal Eleftherotypia, le "Libération" grec, et se présente - "C'est le 17-N" - on prend. Et les ventes s'en portent bien.

Aujourd'hui, Vangelis Pisias, collaborateur à Thema, n'a aucun état d'âme à faire publier les tribunes incandescentes de Dimitri Koufondinas: "C'est une information!" La loi antiterroriste ne l'empêche pas de dormir: "En Grèce, on lui marche dessus! Ici, la censure a régné en maître. Nous interdire de publier serait un insupportable retour en arrière!"

Et de citer ce sondage, paru en 1989, au lendemain de l'attentat contre le gendre du Premier ministre, qui demandait: "Si vous saviez que des membres du 17-N habitaient près de chez vous, les dénonceriez-vous?" 77 % des Grecs ont répondu non.

Des retours en arrière, George Monferratou en fait tous les jours. Il porte encore en lui le deuil de son père, exécuté en 1985 par le 17-N. "Je n'osais pas le dire, car les victimes du 17-N étaient forcément coupables aux yeux de l'opinion", confie-t-il, pudique. Il a mis des années pour éponger ce vertige. Pourtant, il ne croit pas, non, que l'opinion suivra encore ces nouveaux hérauts de la révolution: "La société n'accepte plus."

Mais si l'élan de sympathie s'est brisé, il reste un climat, note le sociologue Thanos Dokos: "La crise, le manque de leadership politique, l'impunité dont bénéficie la police après ses bavures, son arbitraire créent aujourd'hui une atmosphère de tolérance à des actions violentes. Or c'est déjà la pente naturelle des Grecs de critiquer toujours l'Etat, de refuser l'autorité..."

Plus qu'un symptôme, une maladie, résume l'historienne Maria Ragoussi: "Le terrorisme se nourrit d'une démocratie qui ne fonctionne pas bien. Quand les institutions ne tournent pas correctement et ne protègent pas les droits de l'homme, une frange de la population se tourne vers des formes extrêmes."

Savas Xyros: Son attentat raté en 2002 a ouvert la voie au démantèlement du 17-N.

Ce soir de janvier, dans l'amphi bondé de l'Ecole polytechnique, à Exarchia, une jeune femme précipite ses mots, soupèse sa haine, indélébile, contre ces "batsos [flics] jamais punis": "L'attentat contre le flic? C'était pas le bon timing. Et puis ça fout en l'air l'image de notre mouvement, en laissant la voie ouverte aux représailles de la police." Une retraitée, à côté, glisse, dans un sourire, qu'il s'agit, pour la victime, d'un simple "accident du travail". "No way out, ici", répètent un noyau de jeunes, en boucle. Une AG se prépare. Air asphyxié de tabac. Visages crépusculaires. Envolées contre l'injustice et la difformité du monde. Le vent de la révolution souffle.

Pendant ce temps, dans le silence de crypte de sa cellule de Korydallos, Savas Xyros, celui par qui le 17-N a été démantelé - six perpétuités et 2 035 années de prison - presse le combiné contre son oreille. Le tympan crevé, il n'entend presque rien. Il ne voit plus que d'un oeil, d'un dixième. Il souffle, tout doucement: "Je peux comprendre la haine qui a poussé le nouveau groupe à prendre ce chemin. Moi aussi je l'ai pris, parce que je voulais changer les choses et j'aimais ce pays." Rendu à ses ténèbres, lui qui ne supporte plus la lumière du soleil, il a demandé pardon aux familles des victimes. "Aucune idéologie ne peut justifier ces meurtres", lâche-t-il, en épitaphe. Mais il ne regrette rien.

Source: L'Express.fr avec AFP et Reuters
URL: http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/la-tentation-terroriste-en-grece_738343.html

Wednesday, 4 February 2009

Procès Gotovina : le procureur du TPIY ira jeudi à Zagreb


Le Monde.fr - 4 février 2009

Le procureur du Tribunal pénal international (TPIY) pour l'ex-Yougoslavie, Serge Brammertz, rencontrera jeudi les autorités croates à Zagreb à propos de documents qu'il leur réclame dans le cadre du procès de l'ex-général croate Ante Gotovina, a annoncé mercredi sa porte-parole.

"Le procureur se rendra jeudi à Zagreb. Il participera à une réunion au niveau politique et opérationnel concernant les documents manquants dans l'affaire Gotovina", a déclaré à la presse Olga Kavran, porte-parole de Serge Brammertz.

Le bureau du procureur réclame depuis 18 mois des documents à la Croatie, dans le cadre du procès pour crimes de guerre et contre l'humanité de l'ancien général croate Ante Gotovina, qui a débuté le 11 mars 2008.

Ces documents "sont importants pour notre dossier", a affirmé à l'AFP Mme Kavran, selon laquelle les documents manquants concernent "l'artillerie".

Ante Gotovina est accusé d'avoir commandé une offensive croate pour chasser les Serbes du sud de la Croatie en 1995. Jugé avec deux autres anciens généraux, Ivan Cermak et Mladen Markac, il serait responsable, selon l'accusation, de la fuite de près de 200.000 Serbes de la Krajina et de la mort de 350 civils.

Le bureau du procureur a, le 19 janvier, déposé une requête demandant au tribunal d'ordonner à la Croatie de prendre de nouvelles mesures pour produire les documents manquants.

Ante Gotovina avait été arrêté en Espagne en 2005 après s'être caché pendant quatre ans. Son arrestation avait provoqué d'importantes manifestations de protestation en Croatie, où beaucoup le considèrent comme le héros de la "guerre d'indépendance" croate (1991-1995).

Alors que les Croates assurent avoir tout tenté pour retrouver les documents réclamés par le TPI, la Commission européenne s'est inquiétée ces dernières semaines des critiques de Serge Brammertz envers Zagreb.

"La pleine coopération avec le TPI reste une condition pour progresser dans les négociations d'adhésion" à l'Union européenne, a rappelé mercredi une porte-parole de la Commission.

Les critiques de M. Brammertz pourraient freiner encore plus ces négociations, déjà compliquées par un différend frontalier avec la Slovénie qui bloque toute avancée depuis plusieurs semaines.

La Croatie, qui a ouvert en octobre 2005 ses négociations d'adhésion à l'UE, espère boucler les négociations avec la Commission fin 2009 et adhérer en 2011.

Source: Le Monde.fr avec AFP
URL: http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-38352235@7-60,0.html

Crise: aider les Balkans (Serbie)


Le Figaro.fr - 4 février 2009

Le vice-Premier ministre serbe en charge de l'Intégration européenne, Bozidar Djelic, a appelé l'Union européenne à fournir une aide économique aux pays des Balkans occidentaux pour faire face à la crise et les aider dans la perspective de leur adhésion à l'UE.

"Nous invitons l'Union européenne à soutenir le progrès des pays de l'Europe du sud-est dans leur intégration européenne (...) et à leur fournir une aide économique afin de surmonter les effets de la crise économique mondiale", a déclaré M. Djelic, cité mercredi par le quotidien Danas.

Le vice-Premier ministre s'exprimait à l'issue d'une réunion qui s'est tenue mardi à Belgrade en présence de représentants serbes, mais aussi du Monténégro, de Bosnie-Herzégovine, de Croatie, d'Albanie et de Macédoine, précise le journal.

Selon le quotidien Politika, les pays présents à la réunion ont également demandé à l'UE d'affecter, le plus vite possible, 120 millions d'euros de fonds de pré-adhésion à des projets régionaux, en particulier dans les domaines des infrastructures et de l'énergie.

M. Djelic a indiqué également que les pays de la région souhaitaient que l'UE supprime l'obligation de visas pour leurs citoyens en 2009

Source: Le Figaro.fr avec AFP
URL: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/02/04/01011-20090204FILWWW00460-crise-aider-les-balkans-serbie.php

Zagreb veut un arbitrage international pour régler sa dispute frontalière avec la Slovénie


Euronews - 4 février 2009

Le Premier ministre croate était ce mardi au Parlement européen pour défendre la future adhésion de son pays. Ivo Sanader espère un déblocage des pourparlers d’adhésion, gelés à la demande la Slovénie. Les deux pays ont un différend frontalier depuis 18 ans, qui concerne une bande de terre, mais aussi et surtout le partage de leurs eaux territoriales dans l’Adriatique. Pour le chef du gouvernement croate, un arbitrage international est préférable à l’idée d’une médiation du Nobel de la Paix Martti Ahtisaari.

“Je dois souligner que la Slovénie a adhéré à l’Union européenne alors que le problème avec la Slovénie existait déjà, ce n’est pas nouveau. C’est quelque chose qui remonte à l‘éclatement de l’ex-Yougoslavie en 1991. Nous devons trouver une solution, et la solution pourrait être trouvée devant la Cour internationale de justice à la Haye”, a déclaré Ivo Sanader.

La Croatie, qui négocie son entrée dans l’Union depuis octobre 2005, souhaite clore les pourparlers fin 2009 pour pouvoir devenir en 2011 le 28ème pays membre de l’Union européenne.

Source: euronews
URL: http://www.euronews.net/fr/article/03/02/2009/could-court-settle-croatia-slovenia-border/

Grèce: attentat raté

Le Figaro.fr - 4 février 2009

Des inconnus ont lancé cette nuit contre un poste de police des cocktails molotov qui n'ont pas explosé, tandis qu'un magasin de voitures a été endommagé par un engin explosif artisanal, dans deux banlieues d'Athènes, a-t-on appris de source policière.

La tentative d'attentat s'est produite vers 2H00 GMT contre le poste de police d'Agia Varvaras. Les inconnus ont pris la fuite à moto après avoir lancé deux engins incendiaires.

Une heure plus tôt, un engin composé de petites cartouches de gaz avait explosé devant un concessionnaire automobile d'une grande avenue de Halandri provoquant un incendie qui a détruit 14 voitures.

Dans la nuit de lundi à mardi, trois inconnus avaient mitraillé le commissariat de Korydallos dans l'ouest d'Athènes et lancé une grenade qui n'a pas explosé. Les enquêteurs estiment que cet attentat est l'oeuvre du groupe terroriste Lutte Révolutionnaire (EA) responsable de onze attentats depuis 2003 et inscrit sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne.

Source: Le Figaro.fr avec AFP
URL: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/02/04/01011-20090204FILWWW00424-grece-attentat-rate-.php

Grèce : Les paysans Crétois font monter la tension


Mardi 3 février 2009 - Nantes Indymedia

Malgré le silence médiatique la lutte continue en Grèce avec une entrée en scène de plus en plus puissante des paysans, notamment crétois.

La bataille du Pirée

Aux 1500 agriculteurs débarquant de Crète Dimanche et lundi est venu s’en ajouter un second groupe de 100 à 200, débarquant ce matin d’un nouveau bateau, pour renforcer leurs camarades.

Outre les revendications d’abaissement de la TVA, de primes attribuées par dixième d’hectare pour favoriser la petite agriculture, du contrôle sur les restructurations des terres et des cultures, la question de fond est la volonté farouche de pouvoir vivre en Crète et de ne pas avoir à grossir les rangs des précaires à Athènes, tout en conservant leur mode de vie. Mais dans l’immédiat, il s’agit d’obtenir le droit d’aller jusque dans le centre d’Athènes porter ces revendications. Le motif invoqué du refus est que les tracteurs n’ont pas la licence leur permettant de circuler en dehors de leur zone de travail.

Source: Nantesindymedia.org